Étude – Défaillances d’entreprises en France : 3ème trimestre 2014

Au global, les défaillances se stabilisent (-0,1%) au-delà des 13 000 procédures 53 700 emplois menacés par ces procédures judiciaires, soit un millier de plus qu’il y a un an.

Le troisième trimestre est traditionnellement le moins lourd de l’année du fait des vacances judiciaires d’août. Pourtant, cet été 2014 confirme que l’économie tourne au ralenti. Comme lors des mêmes trimestres 2013 et 2009, le plafond des 13 000 jugements est dépassé. L’essentiel des procédures, soit près de 12 800, sont ouvertes sur cessation de paiement (-0,1% par rapport au même trimestre 2013).

Toutefois, un point de différenciation est observé entre les étés 2013-2014 et la même période 2009. En effet, si le nombre d’ouvertures de redressements judiciaires recule sensiblement (moins de 3 600 en 2014 contre plus de 4 000 en 2009), à l’inverse, les décisions de liquidation judiciaire directe sans observation préalable augmentent. Près de 9 200 entreprises ont été immédiatement liquidées soit une centaine de plus que l’année dernière et 450 de plus qu’au cours du troisième trimestre 2009.

« Cette accélération des liquidations témoigne de la forte fragilité des entreprises qui se présentent actuellement devant le tribunal. » observe Thierry Millon, Responsable des études chez Altares-D&B.

Le fossé se creuse entre les petits employeurs et les autres structures.

Si les PME, en particulier industrielles, ont porté un lourd tribut à la crise, ce sont désormais les petites structures qui souffrent le plus. 4 861 employeurs de un ou deux salariés ont été placés en redressement ou liquidation judiciaire ; ils représentent désormais 38% des défaillances contre 29 % il y a un an et 25 % durant l’été 2009.

« Ces premiers emplois nécessitent de pouvoir disposer chaque mois de la trésorerie suffisante pour faire face aux versements de salaires. Or, dans ce type de structure la volatilité des affaires peut être forte et peu prévisible, souvent même d’un mois sur l’autre. Une météo défavorable, une baisse de fréquentation peuvent rapidement faire basculer les comptes dans le rouge. » Précise Thierry Millon.

Les défaillances d’entreprises de un ou deux salariés avait déjà augmenté de 17 % au cours du deuxième trimestre ; la hausse s’accélère à +30 % cet été 2014.

Les trois quarts des jugements prononcés sont des liquidations judiciaires directes.

Les autres catégories d’entreprises affichent des évolutions plus favorables.

Sans les structures de un ou deux salariés, les défaillances seraient en baisse très sensible de 12%.

Les plus grandes d’entre-elles ne sont cependant pas épargnées ; 43 sociétés de plus de 100 salariés ont en effet déposé le bilan cet été contre 26 il y a un an. Les défaillances de groupes disposant de plusieurs filiales font enfler les chiffres. Pour ces grandes sociétés, l’atonie de la conjoncture n’a souvent fait que révéler des faiblesses structurelles anciennes. Certaines avaient déjà tenté une réorganisation de la dette au travers de procédures de conciliation ou de sauvegarde avant d’être contraintes de recourir au redressement judiciaire. La voie du redressement leur reste naturellement ouverte, le redressement judiciaire est en effet la décision prononcée par le tribunal pour plus de 80 % des sociétés défaillantes de plus de 100 salariés.

Si elles sont peu nombreuses, ces procédures judiciaires sur des sociétés de grande taille pèsent sur l’emploi. L’ensemble des défaillances d’entreprise de ce 3ème trimestre menacent 53 700 emplois soit un millier de plus qu’il y a un an.

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