Etude – Comportements de paiement des entreprises en France et en Europe : 2ème trimestre 2015

Les paiements des TPE se dégradent, ceux des PME-ETI s’assoupissent. Les retards de règlement sont encore nombreux dans l’administration de l’État tandis que les Collectivités Territoriales font mieux que le privé. Timide amélioration en Europe mais les paiements se tendent en Allemagne.

Règlements fournisseurs : 13,6 jours de retard en moyenne, la pire valeur depuis 10 ans.

Les comportements de paiement interentreprises se durcissent encore en France. Sous les 12 jours en début d’année 2014, le retard moyen de règlement des fournisseurs augmente d’une demi-journée chaque trimestre depuis un an pour atteindre désormais 13,6 jours, sa pire valeur depuis dix ans. Seulement 36,5 % des entreprises françaises payent toutes leurs factures à l’heure. De plus, 8 % décalent le règlement de plus de 30 jours ; elles étaient 6,2 % un an plus tôt et même sous les 6 % auparavant, notamment en période de crise.
En Europe, les comportements de paiement s’améliorent très légèrement mais à 14,6 jours de retard en moyenne et 9,7 % d’entreprises au-delà de trente jours, la situation demeure tendue.

Le Contexte Européen : La France championne d’Europe des petits retards, le leader Allemand s’essouffle.

En France, la proportion d’entreprises réglant leurs factures à l’heure demeure sous la moyenne européenne. 36,5 % (- 0,3 % sur trois mois) des structures françaises payent leurs fournisseurs sans retard contre 41 % (+ 0,3 %) en Europe. Les entreprises françaises se distinguent par la fréquence des petits retards de paiement. Le pays est champion d’Europe des décalages de règlements de moins de 15 jours : 32,1 % des sociétés françaises contre 27,1 % en Europe. Mais c’est sans conteste, sur les grands retards que les tendances sont davantage à surveiller. 8 % des structures françaises décalent le paiement des factures de plus de trente jours ; Un taux en augmentation rapide depuis un an (6,2 % en 2014 – T2) qui n’avait plus été aussi élevé depuis l’été 2004.
La tendance est clairement défavorable en France ; cela se traduit par un allongement rapide du retard moyen qui s’installe depuis le début de l’année au-delà des 13 jours (13,6 jours en 2015 – T2).

L’Allemagne tire la performance européenne avec 73,1 % d’entreprises ponctuelles. Toutefois, ce taux est en retrait sensible (- 0,9 %) par rapport au 1er trimestre 2015. Le pays avait même réussi à dépasser les 78 % en début d’année
2013. L’Allemagne reste donc vertueuse, mais elle-aussi donne des signes de tensions. La proportion d’entreprises retardant leurs paiements de 15 à 30 jours ne cesse de croître depuis début 2013. Il y a deux ans et demi, 5 % des sociétés allemandes affichaient de tels retards, elles sont 7,3 % désormais. Les grands retards sont beaucoup plus rares et concernent 1,1 % des entreprises.
L’Allemagne reste solidement installée dans son fauteuil de leader en Europe mais le retard moyen tend à s’allonger ; il était de 5,6 jours en fin d’année 2014, 5,8 jours début 2015 et se situé 6,1 jours en fin de semestre.

Focus sur la France : L’Administration de l’État reste le mauvais élève mais les collectivités territoriales font mieux que le privé.

Sur le secteur privé, le retard moyen de paiement des sociétés de plus de 500 salariés reste supérieur d’une journée à celui calculé pour les sociétés les plus petites (14,8 jours contre environ 13,7 jours). Toutefois cet écart se réduit ce trimestre, les petites sociétés payant moins bien tandis que les grandes maintiennent leurs conditions, voire tentent de les améliorer. Plus que sur le retard moyen, c’est sur les grands retards que les différences sont les plus flagrantes. Le taux de longs retards est proportionnel à la taille de la société commerciale. Alors que 2,2 % des
sociétés de plus de 500 salariés reportent leurs paiements de plus de trente jours après la date de facture, elles sont 9 % lorsque la sociétés emploient moins de 3 salariés. Toute taille confondue, les sociétés sont en moyenne 7,6 % à différer leur paiements de plus d’un mois.

Le constat est comparable sur le monde associatif, pour lequel on observe un écart d’une journée entre le retard moyen des grandes (14 jours) et celui des petites (13,1 jours). De la même façon, si moins de 2 % des associations de plus de 500 salariés reportent leurs règlements de plus de trente jours, elles sont plus de 8 % en dessous de 3 salariés. L’ensemble des associations présente un taux moyen à 6,5 %.

Dans le secteur public, les personnes morales de droit public soumises au droit commercial, typiquement les EPIC (Établissement Public industriel et commercial), sont en moyenne 6,5 %, soit moins nombreuses que les sociétés du privé, à décaler leurs paiements au-delà de trente jours après la date prévue sur la facture. Ici, l’effet de taille joue, mais un clivage fort est observé entre les EPIC de 50 à 200 salariés et ceux de 200 à 500 salariés. Les premiers ont davantage de difficultés à honorer le paiement des factures dans les délais ; ils sont plus de 8 % à payer avec des retards supérieurs à trente jours contre moins de 3 % pour les seconds.

Les Établissements Publics Administratifs (EPA) de missions traditionnelles de souveraineté ou d’action sociale se révèlent eux-aussi de meilleurs payeurs que le privé. Comme pour les sociétés commerciales, un facteur de proportionnalité qualifie la tenue des engagements. Le retard moyen de règlements est inférieur à 11 jours pour les EPA de moins de 50 agents, de 12 à 13 jours jusqu’à 200 agents et au-delà de 15 jours pour les EPA de plus de 200 agents. Globalement, le retard s’établit donc à 11 jours ce deuxième trimestre, contre 11,4 jours trois mois plus tôt. Exprimé en pourcentage d’EPA, les retards de plus de trente jours de retard varient peu selon la taille et se situent sous les 4 %, un taux deux fois inférieur à celui constaté dans les sociétés du privé (3,9 % contre 7,6 %).

Le taux des longs retards est encore plus bas pour les collectivités territoriales (6,6 %) qui peuvent aussi s’enorgueillir de faire tomber le retard moyen sous le seuil des 10 jours (9,8 jours), une valeur là-aussi bien inférieure à celui du secteur privé. L’effet de taille est toutefois très sensible sur cette catégorie publique. Si les petites collectivités (moins de vingt agents) affichent un retard moyen sous les 9 jours, les plus grandes approchent les 20 jours de retard.<:p>

C’est dans les catégories d’Administration de l’État, les Ministères et leurs services, que le respect des délais est le plus mis à mal. C’est dans ses structures que le retard moyen est le plus élevé, au-delà de 16 jours en moyenne, avec un taux de longs retards là encore le plus haut (9 % en moyenne).

Comportements de paiement en France T2 2015

Etude – Comportements de paiement des entreprises T2 2015

Comportements de paiement Europe T2 2015

Etude – Comportements de paiement des entreprises T2 2015

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