Etude – Comportements de paiement des entreprises en France et en Europe 1er trimestre 2016

Le redressement est davantage sensible chez les TPE et PME du secteur privé et les grandes structures du secteur public.
En Europe, l’amélioration est rapide en Espagne et au Royaume-Uni.

Retards de paiement : 12,6 jours au 1er trimestre. Sur un an, le délai se raccourcit d’une journée.

Sous les 12 jours il y a deux ans, les retards de règlement s’étaient allongés d’une journée en 2014, puis de près d’une journée supplémentaire sur le seul premier semestre 2015, jusqu’à atteindre la pire valeur calculée par Altares sur dix ans à 13,6 jours.
Depuis, la situation s’améliore et les retards de paiement reviennent à 12,6 jours en ce début d’année, en recul d’une journée sur un an.

LES RETARDS DE RÈGLEMENT EN FRANCE

Dans le secteur privé, les règlements s’améliorent de plus d’une journée sur un an chez les artisans-commerçants (11,3 jours soit – 1,3 jour) et les PME de moins de 50 salariés (12,2 jours soit – 1 jour). Pour ces entreprises, la réduction des délais a été progressive au fil des mois. Pour les PME plus importantes, l’effort s’est davantage concentré sur les trois premiers mois de l’année ; chez les sociétés de 50 à 249 salariés, le retard moyen baisse de 0,6 jours et se situe encore à 13,6 jours. Pour les ETI et GE les retards de règlement sont restés globalement stables, aux environs de 14,5 jours.

Dans le secteur public, l’amélioration s’accélère sur le début d’année. Ainsi, les Administrations de l’État présentaient des retards moyens de règlements supérieurs à 16 jours jusqu’en fin 2015, avant de les ramener sous 15 jours (14,8) début 2016. C’est également le cas des Établissements Publics Administratifs (EPA), dont le retard moyen tombe sous 10 jours (9,8), en recul de près d’une journée sur seulement trois mois. Cette moyenne varie toutefois quasiment du simple ou double selon que l’EPA compte moins de 50 agents (9,2 jours) ou plus de 500 (17,2 jours). Cette dichotomie est également très sensible dans les collectivités territoriales, avec respectivement des retards moyens variant de 8,2 jours à 16,3 jours. Les collectivités territoriales peuvent toutefois s’enorgueillir de présenter un retard moyen global sous les 9 jours (8,7 jours), en recul d’une journée sur trois mois.

À la frontière du privé et du public dans leur mode de financement ou modèle d’exploitation, les Associations et les Personnes morales de droit public soumises au droit commercial (EPIC) présentent elles-aussi des comportements de paiement en amélioration. Relativement homogènes, quelle que soit la taille de la structure, les retards de paiements des Associations reculent d’une journée sur un an à 11,6 jours, progrès surtout sensible sur le début d’année. Chez les EPIC, l’amélioration a été plus progressive au fil des mois. Le retard moyen de paiement se situe désormais à 13 jours, soit 1,6 jour de moins qu’un an plus tôt.

LES RETARDS DE RÈGLEMENT EN EUROPE

En Europe également une détente s’opère sur le front des paiements. Pour la première fois depuis trois ans, le retard moyen de règlement retombe sous les 14 jours (13,9). Deux pays tirent l’amélioration européenne.
Le redressement est remarquable en Espagne qui revient sous les 15 jours (14,8), sa meilleure valeur depuis 2008. Il y a six ans, les retards de paiement espagnols étaient au plus haut au-delà de 23 jours ; le pays a réduit ses reports de règlement de plus de 8 jours depuis.

Le Royaume-Uni s’inscrit également sur une trajectoire vertueuse. En fin de 1er trimestre 2015, le pays affichait un triste retard de règlements de 18,8 jours comme aux pires moments de 2009 ; un an plus tard, le délai s’est raccourci de 3 jours tombant à 15,8 jours.
Dans ces deux pays, en dépit des efforts d’amélioration des comportements de paiement, encore près d’une entreprise sur dix payent ses fournisseurs avec plus de 30 jours de retard. Sur les autres pays, les tendances sont moins patentes, mais s’inscrivent dans le bon sens.

L’Allemagne reste bien installée dans son fauteuil de bon payeur, avec plus de 71 % d’entreprises réglant leurs factures à l’heure. La France conserve son titre de champion d’Europe des petits retards ; plus d’une entreprise sur trois reportent le paiement fournisseurs de 1 à 15 jours. En Belgique, les retards de 16 à 30 jours demeurent fréquents et observés chez une entreprise sur quatre.

Le point de vue de Thierry Millon, Directeur des Etudes Altares

« La croissance aléatoire avait mis à mal des trésoreries souvent insuffisantes pour faire face à des besoins en fonds de roulement délicats à piloter.
Ces conditions sont généralement propices à durcir les comportements de paiement des acteurs économiques. La conjoncture semble pouvoir se maintenir sur une trajectoire favorable plus durablement, favorisant la reconstitution des trésoreries. Comme le confirme l’analyse des balances âgées, menée en permanence par Altares, les conditions économiques d’une amélioration des conditions de paiement des entreprises sont réunies pour permettre de poursuivre la réduction des retards de règlement amorcée depuis un an.
Toutefois, au-delà d’un meilleur environnement commercial, c’est sur le terrain du comportement, voire de l’éthique, que des efforts sont encore à produire pour développer les bonnes pratiques. Emmanuel Macron, le rappelait lors des Assises des délais de paiement du 8 juin au ministère de l’Économie, « Moins de 40 % des factures sont payées à l’heure ». La DGCCRF a mené plus de 2500 contrôles en 2015 et prononcé une centaine de sanctions, des mesures confirmées dans le texte Sapin 2 visant notamment à renforcer ce dispositif en relevant le plafond des amendes administratives de 375 000 € à deux millions d’euros pour les entreprises privées, mais aussi publiques contrevenantes.
Ces mêmes Assises ont également été l’occasion de récompenser les pratiques vertueuses des PME, des Grandes entreprises et des organismes publics souvent pointés du doigt pour leur manque de discipline à payer fournisseurs et sous-traitants dans les délais. Pour les structures récompensées, le respect des délais de règlement est un élément de preuve de l’efficacité de l’entreprise, un facteur d’adhésion des fournisseurs et de sécurisation des projets de développement et d’innovation.
À l’inverse, un retard de paiement peut s’apparenter à une défaillance du pilotage de l’entreprise, voire un défaut de qualité, et donc un risque financier et commercial. Rappelons-le, les mesures de performance du score Altares constatent qu’au-delà de 30 jours de retard de paiement le client mauvais payeur présente un risque de dépôt de bilan six fois plus élevé ; un niveau de risque inacceptable pour la plupart des fournisseurs. Or, à l’heure d’une accélération toujours plus forte des prises de décision, il est essentiel de transformer la relation commerciale pour rester agile et développer sa stratégie d’innovation à l’appui de fournisseurs de qualité. »

Comportements de paiement en France T1 2016

Etude – Comportements de paiement des entreprises T1 2016

Comportements de paiement en Europe T1 2016

Etude – Comportements de paiement des entreprises T1 2016

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