Étude – Défaillances d’entreprises en France : 1er trimestre 2016

Les défaillances d’entreprises buttent encore sur le seuil des 16 000, mais s’inscrivent en forte baisse sur le premier trimestre 2016 (-10,1 % / 2015 T1).

La sinistralité des PME de plus de 50 salariés au plus bas depuis dix ans. L’amélioration profite enfin aux TPE.

Une amélioration forte mais des défaillances encore nombreuses

Dans un contexte de retour de la croissance confirmé sur le second semestre 2015, un nouveau record des défaillances d’entreprises pour le premier trimestre 2016 était écarté. Et non seulement ce début d’année est très favorable, mais fait également basculer clairement dans le vert la quasi-totalité des catégories d’entreprises. Le trou d’air du premier trimestre 2015 est effacé.
Sur les trois premiers mois 2016, les défaillances d’entreprises reculent de 10 % épargnant ainsi plus de 1 800 entreprises par rapport à début 2015. Cette baisse significative n’éclipse pas, toutefois, un nombre de jugements encore élevé. 16 309 ouvertures de procédures collectives ont été prononcées par les tribunaux de métropole et d’outre-mer, un chiffre encore proche de celui observé en moyenne sur cinq ans (16 845) et depuis début 2009 (16 769). En début 2008, nous comptions 14 300 défaillances d’entreprises.
Plus précisément, les tribunaux ont ouvert, 350 sauvegardes (- 21 %/ 2015 T1), 4 727 redressements judiciaires (- 9 %) et 11 232 liquidations judiciaires (- 10 %).

Les PME confirment, les TPE redémarrent

Alors que les PME de plus de 50 salariés amorçaient un redressement au premier trimestre 2014, les TPE enregistraient toujours plus de défaillances (+ 4 % en 2014 T1 et + 7 % en 2015 T1). Ces entreprises de moins de 10 salariés concentrent 93 % des jugements d’ouvertures et pèsent donc fortement sur la tendance globale de sinistralité. Or enfin, sur ce premier trimestre 2016, les défaillances reculent et de façon sensible (- 9 %). 15 218 TPE ont défailli au cours du premier trimestre 2016 contre 16 777 un an plus tôt et 15 647 début 2014.

Dans la catégorie des petites entreprises de 10 à 49 salariés, les tendances sont très positives. Moins d’un millier d’entreprises (983) ont connu la défaillance c’est 21 % (1 241) de moins qu’il y a un an et le meilleur chiffre depuis 2008.
Les PME d’au moins 50 salariés, ont, quant à elles inversé favorablement la courbe des défaillances depuis deux ans et enregistrent désormais un nombre de défaillances au plus bas (108) sur dix ans, très en-dessous de la moyenne de cette période (131).

Le réveil du bâtiment accélère le recul des défaillances

Les seules activités de la restauration, du commerce de détail et du bâtiment concentrent à elles seules la moitié des défaillances d’entreprises. Or, toutes les trois sont bien orientées ce premier trimestre. Ensemble, elles affichent un recul de la sinistralité de plus de 11 % effaçant les hausses de 9 % en 2015 T1 et 2 % en 2014 T1.

Quasiment toutes les régions passent au vert

Il y a un an, dans un contexte de record de défaillances, plusieurs régions signaient leur pire performance sur au moins cinq ans. En ce début d’année, certaines d’entre elles, ont inversé catégoriquement la tendance et présentent leurs meilleurs chiffres sur cinq ans au moins.
Désormais, le découpage des régions a changé amortissant les risques et mutualisant les forces des anciens territoires.

L’analyse de Thierry Millon, directeur des études Altares

Un premier trimestre marqué par une meilleure résistance des TPE

“Les très bons chiffres de défaillances de ce premier trimestre (- 10 %) doivent évidemment être considérés en comparaison d’un très lourd début d’année 2015. Toutefois, clairement, la conjoncture a changé d’orientation et embarque enfin les TPE jusque-là écartées de la reprise. Ces dernières sont bien moins nombreuses à être contraintes de déposer leur bilan, il ne manque désormais plus que le carburant indispensable pour convertir cette éclaircie de début d’année en croissance durable, le financement ! Le rapport de la Médiation du crédit, publié en mars, rappelle que les TPE peinent toujours à obtenir le financement nécessaire à transformer la reprise. Si la distribution des crédits a globalement augmenté, l’accès aux crédits de trésorerie, voire d’investissement, est plus compliqué pour les TPE. Les difficultés rencontrées par celles du bâtiment, du commerce de détail ou de l’hôtellerie-restauration expliquaient pour partie la frilosité des financeurs ; Or, nous le voyons ici dans ce rapport Altares, ces activités donnent enfin des signes de redressement. La machine s’est remise en marche, il est temps de rapidement fluidifier le financement.”

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