Étude – Palmarès des Défaillances d’entreprises en France : 2ème trimestre 2016

14 000 défaillances d’entreprises

(-2,7% / 2015 T2)

La sinistralité des PME et les emplois menacés retrouvent des valeurs d’avant crise.

Plus de 25 000 emplois préservés

Le deuxième trimestre 2016 se conclut sur une baisse de 2,7 % du nombre d’ouvertures de procédures collectives avec 14 026 jugements prononcés. C’est essentiellement le mois d’avril qui a donné le ton avec un nombre d’ouvertures au plus bas (4 500) depuis cinq ans. Les mois de mai et juin cumulés sont légèrement moins bons que l’année dernière, mais les audiences 2015 avaient été perturbées par des grèves au sein des tribunaux.

Le nombre d’ouvertures de procédures de sauvegardes recule de 2,4 % à 328 tandis que les cessations de paiement (RJLJ) reculent de 2,7% à 13 698. Le taux de liquidations directes est stable à 69 % depuis quatre ans et demeure de 2 points supérieur à celui observé sur la période 2008-2012.

Cependant, ces chiffres globalement bien orientés traduisent mal la réalité de l’amélioration. En effet, les trois quarts des procédures (10.000) sont ouvertes sur des microentreprises de moins de trois salariés ; ce sont donc elles qui portent le rythme d’ensemble, et en l’occurrence, qui freinent (- 0,6 %) la dynamique. Au-delà de cette taille, les tendances sont bien plus nettes.
3 000 TPE de 3 à 9 salariés sont entrées en procédures lors de ce deuxième trimestre 2016, c’est 6 % de moins qu’un an plus tôt. Le rythme est deux fois plus rapide (- 12 %) pour les petites entreprises de 10 à 49 salariés (833 procédures) et s’accélère à partir de 50 salariés (- 17%). Ces solides tendances observées de la TPE à la PME illustrent une consolidation de la reprise et conduisent à un net ralentissement de la destruction d’emplois. Au cours du deuxième trimestre 2009, plus de 72 000 emplois étaient menacés par les défaillances d’entreprises ; ce nombre tombe à 47 000 au cours de ce trimestre soit plus de 25 000 emplois préservés.

Le B2C amorce à son tour un virage favorable

Le rétablissement du secteur de la construction se confirme. Les défaillances d’entreprises se rétractent de plus de 5 % dans le bâtiment, notamment dans la construction de maisons individuelles (- 8 %) et la plupart des activités de second oeuvre. La maçonnerie générale et gros oeuvre du bâtiment est encore convalescente (- 1 %). L’immobilier poursuit l’amélioration entamée depuis plusieurs trimestres ; le nombre de procédures recule de 15 % dans les agences immobilières.

La tendance du commerce est tirée par la vente de détail (- 5 %), plutôt sur les activités de meubles et équipements du foyer, tandis que l’habillement peine à résister (+ 3 %) et l’alimentation générale vire au rouge (+ 39 %).
L’Entretien et la réparation de véhicules automobiles continue de souffrir (+ 14 %).

L’industrie demeure sur une bonne trajectoire (- 7 %) en particulier en manufacture (- 9 %), exception faite de l’imprimerie de labeur, la mécanique industrie ou la réparation de machines et équipements mécaniques.

Le transport routier de marchandises s’inscrit encore dans le vert (- 4 %) tendance portée par le fret de proximité (- 12 %) alors que le fret interurbain dérape de 17 %. Les autres activités de transport affichent globalement une forte accélération des défaillances, notamment celles de taxis (+ 26 %).

Dans les services aux entreprises les ouvertures de procédures se stabilisent en dépit de dégradations d’environ 15 % dans les activités techniques de conseil en relations publiques, publicité ou conseil de gestion et les services administratifs de sécurité privée. Les services informatiques & édition de logiciels accusent une augmentation du nombre de défaillances de plus de 9 % après un bon deuxième trimestre 2015.

Confirmation que l’amélioration se propage à l’ensemble de l’économie, le B2C est à son tour engagé sur une trajectoire plus favorable. C’est le cas des services aux particuliers (- 4 %) comme du secteur de l’hôtellerie et de la restauration (- 5 %).

Parmi les autres activités, l’agriculture (+ 9 %) présente des tendances défavorables dans les services de soutien à l’exploitation forestière ou la pêche, mais aussi dans l’élevage de vaches laitières.

Le secteur de la santé humaine & action sociale affiche une sinistralité en hausse de 10 % en particulier dans les activités d’infirmiers et sages-femmes, d’aide à domicile ou d’action sociale sans hébergement.

L’analyse de Thierry Millon, directeur des études Altares

Attention à ne pas laisser filer le BFR !

« Le mouvement de baisse des défaillances d’entreprises amorcé timidement sur le second semestre 2015 se propage à l’ensemble de l’économie sur ce premier semestre 2016. La meilleure santé des entreprises se confirmait par ailleurs à la lecture de comportements de paiement, qui depuis l’été 2015, retrouvent une meilleure trajectoire. Tout n’est pas encore réglé. Les microentreprises peinent à stabiliser un carnet de commandes toujours volatile, mais la reprise se consolide.

La question désormais n’est plus tant celle de conserver ses clients que de pouvoir financer la croissance pour en acquérir de nouveaux. En dépit d’un assouplissement de l’accès au crédit, les petites entreprises doivent encore souvent jongler avec les factures pour tenir une trésorerie instable. Le BFR défensif a laissé place au BFR de croissance, mais attention à ne pas le laisser filer ou les défauts de paiement pourraient à nouveau contraindre à la défaillance de nombreuses entreprises. »

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