Les licornes, mythologie numérique ?

Aileen Lee, économiste et investisseur américain, a lancé en 2013 une mythologie moderne et numérique,  en nommant « licornes » les nouvelles pépites des fonds de capital-risque américains.

les licornes une mythologie moderne et numerique

Bien qu’il ne soit plus si difficile d’en croiser aujourd’hui (plus de 220 sont répertoriées), la question de leurs réalités se pose toujours.  Réalité économique, simple concept, ou fantasme financier ?
Force est de constater qu’il n’est pas aisé de définir une licorne, tant le monde économique s’est emparé du terme, et que chacun y ajoute sa propre vision. On peut quasiment trouver une définition par zone géographique, de manière à élargir le spectre et d’y insérer ses poulains en les faisant ainsi participer à la fête.

La définition la plus répandue présente les licornes comme des start-up valorisées à plus d’1 milliard de dollars, mais non cotées sur les marchés boursiers.
Uber, Twitter, Instagram, Airbnb,  et Linkedin sont les plus connues de ce « Billion Dollar Startup Club ». Il est amusant de constater que certaines d’entre elles ne sont déjà  plus des start-up, voire même qu’elles sont déjà introduites en bourse.

Ce flou démontre avant tout l’excitation qui règne autour de ces « bêtes fabuleuses ».
Il est à présent aisé de penser que le nombre de « licornes » devienne un indicateur ou un baromètre de bonne santé économique des pays.  D’ailleurs, elles mesurent aujourd’hui concrètement la capacité d’une économie à investir dans ses jeunes talents, et à construire un futur si possible radieux. L’union européenne, accusant un retour conséquent sur le sujet vis-à-vis des Etats-Unis qui comptent 80% des licornes, vient tout juste d’élargir le plan Juncker à hauteur de 315 milliards d’Euros, pour permettre aux fonds d’investissements européens de miser sur les start-up du numérique, de l’énergie ou de l’environnement.

La France compte déjà plusieurs membres actifs ou prétendants au titre de licorne, tels que BlablaCar, Deezer, Criteo ou Sigfox.

Derrière ces belles success stories se cache pourtant une réalité économique qui laisse poindre de nombreuses interrogations. On parle beaucoup d’une probable bulle des licornes, voire même de crise des licornes américaines.
En effet, certaines de ces sociétés souvent valorisées bien plus haut que leurs chiffres d’affaires réels, peinent  à présenter les performances annoncées. Les évaluations commencent à reculer, et les investisseurs deviennent à juste titre plus exigeants. Plus inquiétant encore, les licenciements ont déjà touché plusieurs sociétés comme Groupon, Twitter et Evernote.

Espérons qu’il ne s’agisse là que d‘effets temporaires de consolidation de ce mouvement, et que nous verrons encore apparaître de nombreuses licornes, notamment européennes.

En attendant, continuons à scruter celles-ci sous toutes les coutures, histoire d’en tirer une hypothétique formule magique.

Cyril Aubry, Head of Business Channels (Altares D&B)

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