La fête du crowdlending ?

La fête du crowdlending annoncée il y a 2 ans se profile-t-elle à l’horizon ?

la fete du crowdlending

 

Le 17 mai 2014, lors de son discours introduisant ‘ La fete du crowdfunding’, Arnaud Montebourg, alors Ministre de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique, annonce les lois de refonte du financement participatif et affirme qu’il veut faire de Paris la capitale européenne du Crowdfunding.

Si le crowdfunding, sans contrepartie financière, existe en France depuis bientôt 10 ans, ce n’est qu’à partir de l’ordonnance du 30 mai 2014 et de son décret d’application du 16 septembre 2014, que le législateur a permis aux plateformes de dons d’adopter le statut « d’Intermédiaire en Financement Participatif »

Présenté comme une alternative indispensable à la frilosité des organismes de financement ‘classiques’, ce que l’on appelle désormais communément le crowdlending est alors légitimé par les succès outre-manche des pionniers du financement peer-to-peer, notamment Funding Circle. En 2014, le crowdlending britannique qui a alors 6 ans d’existence, a tout de même permis de financer 1 milliard de livres sterling, soit 2,4% du montant total des financements bancaires aux PME.

Ce statut d’IFP semble donc, à l’époque, être une aubaine pour le marché français. De fait, de nombreuses initiatives fleurissent dès fin 2014. Désormais près d’une quinzaine d’acteurs ont lancé leur plateforme notamment Lendix, Lendopshère, credit.fr, Unilend ou Lendopolis pour ne citer que les 5 principales selon le dernier Baromètre du crowdlending.

Un peu plus de 2 ans après l’annonce ministérielle, force est de constater que le crowdlending ‘progresse à pas comptés’ pour reprendre le titre d’un des articles de Lionel Garnier chef de la rubrique Finance du site Le Revenu.

Voici quelques constats assez significatifs des difficultés du secteur.

Lendix représente, à lui seul 48%, d’un marché qui devrait permettre, au global, de financer 80 Millions d’euros en 2016. Le seuil admis pour atteindre le point mort d’ UNE plateforme est de 100 Millions !

Le marché du financement des entreprises en France c’est entre 80 à 100 milliards d’euros. Le crowdlending n’est donc encore qu’une (petite) goutte d’eau.

Les taux d’intérêts proposés par les banques leurs permettent logiquement de drainer tous les dossiers les plus solvables.

Les premiers dossiers financés ont déjà 2 ans et les incidents de paiements semblent progresser un peu trop (Parfois de 10 à 5 % de taux de défaut !) pour que l’indispensable confiance des prêteurs ne soit pas entamée. Et ce ne sont pas les camouflages de Finsquare ou l’arnaque de la pseudo plateforme Netfinancement qui pourraient les rassurer.

Le marché anglais, tant pris en exemple et qui avait littéralement explosé dès les premières années vient de connaitre sur le dernier trimestre, une baisse des montants financés. Il bénéficie pourtant d’un cadre avantageux, puisque les banques sont contraintes de présenter aux crowdlenders les dossiers de financement qu’elles ne retiennent pas.

Pourtant, les signaux encourageants existent.

Les 30 millions d’euros de fonds levés au total, font des 5 leaders cités ci-dessus des entités suffisamment solides et crédibles pour tirer leur épingle de la concentration à venir.

Avec 230% de progression sur le premier semestre 2016, et 329 projets financés pour un total de 34 millions d’euros sur cette même période, l’accélération est constante à défaut d’être supersonique.

La fête du crowlending annoncée il y a 2 ans se profile-t-elle à l’horizon ?

Ne gaspillons pas les confettis, gardons le champagne au frais, et reparlons en dans 2-3 ans…

Laurent Sourget, Alliance Business Manager ( Altares D&B )

A Consulter

Le crowdfunding indépendant est-il l’avenir du crowdfunding face aux plateformes

Crise de croissance pour le crowdfunding français
Arnaud Montebourg veut faire de Paris la capitale européenne du crowdfunding

Financement participatif : le crowdlending progresse… à pas comptés

Le minibon, nouvel outil de financement participatif des entreprises

La rédaction
La rédaction
La rédaction est composée de plusieurs collaborateurs du Groupe Altares qui sont spécialisés dans leurs domaines respectifs (data science, data marketing, data intelligence, etc.) et qui partagent l'envie de faire part de leur passion de la Data à nos lecteurs.

Vous aimerez aussi...

X