Forte diminution des défaillances d’entreprises durant l’été

Les défaillances d’entreprises sont en net recul sur le 3ème trimestre 2016 (- 12 % / 2015 T3)

En comparaison avec les mêmes périodes précédentes, le nombre d’ouvertures de procédures collectives recule de 5 % sur douze mois, de près de 8 % sur les neuf premiers mois de l’année et 12 % sur le troisième trimestre. L’été 2016 a été le meilleur depuis 2008 retombant, comme en début de crise, sous la barre des 12 000 procédures.


Les PME de plus de 50 salariés confirment le point bas de vulnérabilité qu’elles avaient déjà atteint durant l’été 2015 ; 71 ont défailli ce troisième trimestre, un nombre au plus bas depuis huit ans et deux fois inférieur à celui constaté durant l’été 2009. Cette moindre fragilité des entreprises, notamment des PME, favorise le maintien de l’emploi.Moins de 40 000 emplois (39 400) sont ainsi menacés par les défaillances d’entreprises prononcées ce troisième trimestre, un nombre en recul de 16 % par rapport à l’été 2015 et historiquement bas. En comparaison avec l’été 2009, très lourd pour les PME, près de 19 000 emplois ont été préservés sur les seuls trois mois estivaux.

Le troisième trimestre 2016 témoigne donc de l’accélération de la baisse des défaillances d’entreprises engagée depuis le début de l’année. 11 422 jugements d’ouverture de procédures collectives (- 12 %) ont été prononcés par les tribunaux au cours de l’été 2016.

Précisément, à peine plus de 250 procédures de sauvegardes (- 23 %) ont été accordées, un nombre jamais tombé aussi bas depuis le dernier trimestre 2008. Rappelons que sur les deux premières années de son application, la sauvegarde introduite en 2006 comptabilisait en moyenne 150 ouvertures par trimestre.
Plus significatif encore de la moindre fragilité des entreprises, les cessations de paiement (RJLJ) reculent elles- aussi fortement (- 11 % pour les RJ et – 12 % pour les LJ) tombant à moins de 11 200, un volume trimestriel au plus bas depuis l’été 2008.

Toutes les tailles d’entreprises s’inscrivent dans le vert, notamment les plus petites, celles de moins de trois salariés (- 8 %) qui représentent les trois quarts des ouvertures de procédures. Au-delà de trois salariés et jusqu’à cent salariés, la tendance est encore plus solide (- 22 %). A partir de cent salariés, l’évolution semble défavorable (+ 17 %), mais l’été 2015 avait atteint un point bas et l’été 2016 ne compte que 34 sociétés. De plus, ces grandes structures ont généralement évité la liquidation judiciaire. Notons que 7 d’entre elles, soit une sur cinq, se situent dans l’action sociale (4 dans l’aide à domicile ou la santé (3 cliniques)).

Quand le bâtiment va …
La construction concentre le quart des défaillances d’entreprises ; alors quand le bâtiment va mieux, l’horizon semble se dégager pour toute l’activité économique.

L’Île de France repart de l’avant
La région francilienne porte une défaillance sur cinq. Ses tendances orientent donc fortement l’évolution nationale. Or, si le deuxième trimestre était encore tendu, cet été enregistre une sensible amélioration. Le nombre d’ouvertures de procédures recule de 10 % sur l’impulsion du bâtiment (- 18 %) et de la restauration (- 11 %). Le commerce de détail francilien ne parvient toutefois pas encore à renverser la tendance ( + 2 %).

L’analyse de Thierry Millon, directeur des études Altares
« La vigueur retrouvée dont témoigne ce troisième trimestre confirme que l’activité des entreprises a repris des couleurs. Si celle-ci doit permettre à terme de stimuler plus fortement la création d’emplois, le reflux des défaillances offre une meilleure pérennité des emplois, et par voie de conséquence, une baisse des impayés de salaires. »
« Dans son bulletin trimestriel d’octobre, l’Association pour la gestion du régime de Garantie des créances des Salariés (AGS) constate une baisse marquée des avances sur douze mois (à fin septembre de 14,6 % à 1,816 milliard ). »

2016 mettra-elle fin à huit années de « sur sinistralité » des entreprises ?
« A fin septembre, le volume des défaillances d’entreprises s’approche de 60 000, suggérant que ce compteur sera, comme attendu, enfin débloqué d’ici la fin de l’année. Nous pourrions être aux environs de 59 000 procédures, soit encore très au-dessus des 50 000 enregistrées avant crise, mais la voie est tracée. »

altares_carte-regions-defaillances-2016-t3altares-courbe-defaillances_2016-t3

Pour télécharger l’étude complète et l’infographie

Thierry Millon on LinkedinThierry Millon on Twitter
Thierry Millon
Thierry Millon
Directeur des études chez Altares D&B
Spécialiste des données et informations BtoB Thierry possède une connaissance pointue sur l’univers des entreprises, allant des sociétés du CAC 40 jusqu’aux TPE. Il intervient régulièrement comme expert et conseil auprès de nombreuses organisations professionnelles, d’organismes publics et de medias. Dès la fin des années 80, Il participe à la création d’une des premières bases de données d’information sur les entreprises avant d’intégrer quelques années après le groupe Dun & Bradstreet.

Vous aimerez aussi...

X