Quel avenir pour les métiers de la finance face à la Blockchain ?

Nombreux sont ceux qui voient la Blockchain comme l’un des plus grands changements dans la technologie depuis l’avènement d’internet, tandis que certains trouvent cette vision quelque peu exagérée.
Les premiers se demandent désormais si cette technologie “révolutionnaire” pourrait avoir un impact sur l’emploi et particulièrement dans le secteur de la finance.

Blockchain

La Blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations à moindre coût, sécurisée et transparente sans organe central de contrôle. Il s’agit donc d’une sorte de livre de compte qui contient la liste de tous les échanges effectués entre utilisateurs. Egalement appelé “technologie de distribution”, les informations, registres ou encore les comptes peuvent être mis à jour dans de nombreux endroits. L’information n’est donc jamais effacée.

“Essentiellement, la Blockchain est un registre de transactions publiques”, souligne Amy Webb, fondatrice de “Future Today Institute”, entreprise américaine prédictive et stratégique pour les sociétés. “Cela peut sembler être moins fiable qu’un dossier privé, mais une fois la transaction lancée, cette dernière devient elle-même partie intégrante de la comptabilité, de plus toutes les données sont cryptées.” Ajoute-t-elle.

Les banques, assureurs et autres organismes financiers se sont intéressés de près à la Blockchain comme un moyen d’accroître leur sécurité, transparence, efficacité mais également de réduire certains coûts.

Le mois dernier, 4 des plus grandes banques mondiales, UBS, Deutsche Bank, Santander et BNY Mellon, ainsi que le courtier ICAP, ont indiqué avoir fait équipe afin de développer une norme industrielle afin d’effacer et de régler les transactions financières avant la Blockchain.

En Juin dernier, le groupe Allianz Risk Transfer, gestionnaire d’investissement spécialisé, déclare avoir utilisé la technologie de la Blockchain dans le traitement de certaines transactions d’obligations et de “swaps” (contrat d’échange périodique de flux financiers conclu entre deux parties, le plus souvent des banques ou des établissements financiers) dans la prévention de catastrophes naturelles.
Plus tôt en 2016, Australian Securities Exchange a indiqué travailler avec la société Asset Holdings afin de créer un système basé sur la Blockchain pour régler des opérations sur le marché financier australien.

Le modèle peer-to-peer de la Blockchain pourrait avoir des incidences pour les emplois du secteur financier, nous explique David Yemark, professeur de finance et transformation d’entreprise à l’université de Stern School of Business NYU. Il ajoute “lorsque vous travaillez dans la sauvegarde d’actifs, je dirai que votre métier est à risque et concurrencé par cette technologie.”

Les emplois comportant des tâches telles que le traitement de données risquent d’être menacés par la Blockchain. Comme le souligne L. Glyptis, la Blockchain autorise des transactions finalisées avec une méthode mathématique pouvant confirmer si la transaction est valide ou non. “Une première vague d’emplois pourrait ainsi être frappée par cette technologie”.

Certains sont plus sur la réserve concernant ce potentiel bouleversement. Steve Wilson, analyste au sein du “Silicon Valley-based Constellation Research” rapporte que la technologie de la Blockchain décentralise seulement l’ordre des entrées de données dans les comptes et non pas son contenu en totalité. Auditeurs et financiers seront toujours présents dans la vérification des entrées de données.

Néanmoins, la nature de ces emplois est susceptible d’évoluer. “Vous seriez surpris de croire que cela ne risque pas de démanteler une partie de l’infrastructure du secteur financier et de supprimer certains emplois”, ajoute Vaughan Jenkins, spécialiste financier au PA Consulting Group.

La Blockchain pourrait également exiger de nouvelles compétences comme la sécurité: L. Glyptis souligne que si la Blockchain crée un enregistrement immuable résistant à la falsification, la fraude peut toujours persister, mais cette dernière serait facilement détectée. Ceci pourrait ainsi créer de nouveaux emplois. Elle nous affirme même “Je peux apercevoir de nouvelles professions voir le jour autour de cette problématique de protection de l’identité”.

Certes, à termes certains emplois du secteur financier peuvent disparaître mais il y a toujours une nécessité de nouveaux besoins qui n’a jamais été telle qu’elle auparavant.

La rédaction
La rédaction
La rédaction est composée de plusieurs collaborateurs du Groupe Altares qui sont spécialisés dans leurs domaines respectifs (data science, data marketing, data intelligence, etc.) et qui partagent l'envie de faire part de leur passion de la Data à nos lecteurs.

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