Étude – Deloitte Mars 2017 – L’entreprise en difficulté en France

L’année 2016 est assurément un bon millésime !

Un bon millésime donc, pourtant l’année 2016 a été marquée au plan mondial par des séismes politiques et économiques dont l’impact est encore difficilement mesurable d’un point de vue économique.

L’analyse de Thierry Millon, Directeur des études Altares

Le Brexit et l’élection de Donald Trump témoignent d’un repli protectionniste majeur même pour des pays ultralibéraux. Malgré la dépréciation de la livre sterling (-12% face à l’euro depuis juin 2016), le Brexit peine encore à montrer tous ses effets. Outre-Atlantique, l’élection de Donald Trump plonge l’économie mondiale dans une ère incertaine. Ainsi, le retrait du traité transpacifique (Asie Pacifique- USA) pourrait redistribuer les cartes en favorisant les ambitions économiques chinoises.
L’année 2016 a également été marquée par la remontée de taux de la FED (2e hausse en 10 ans). D’autres hausses sont prévues en 2017 et la BCE devrait suivre ce mouvement selon les prévisions.

Par ailleurs, le cours du pétrole qui avait chuté jusqu’à 36$ le baril en février 2016, s’est progressivement stabilisé à 55$ le baril fin novembre, notamment grâce à l’accord de l’OPEP visant à limiter la production.

En France, la croissance a légèrement augmenté de + 1,1% grâce à une hausse de 1,8% de la consommation, portée par l’investissement des ménages dans le logement et par l’augmentation des dépenses d’investissement des entreprises (+4,3%). Cependant, le déficit commercial extérieur a freiné la croissance de -0,9 point en raison du ralentissement du commerce mondial, notamment en Chine, et des difficultés rencontrées dans certains secteurs, comme ceux du tourisme et de l’agriculture.

Le chômage diminue lentement pour passer sous la barre significative des 10%, insuffisant néanmoins pour se rapprocher de la moyenne de l’UE (8,3%).
De son côté, l’euro a continué de se déprécier par rapport au dollar US et les taux d’intérêt sont toujours au plus bas. Enfin, la BCE a poursuivi sa politique accommodante vis-à-vis des entreprises, permettant un accès au crédit facilité pour les entreprises.

Malgré cet environnement économique contraint, le nombre de défaillances d’entreprises est tombé sous la barre symbolique des 60 000 et le nombre d’emplois menacés sous le cap des 200 000. Par ailleurs, il est constaté au niveau national une montée en puissance des procédures amiables sur des dossiers de taille importante et plus complexes suggérant une démocratisation du recours à l’outil de prévention.

De plus, prometteur de solutions nouvelles pour le traitement des groupes transfrontaliers, un nouveau règlement européen sur l’insolvabilité entrera en application le 26 juin 2017.

L’évolution favorable de la situation économique ainsi que les résultats encourageants enregistrés en 2016 sur les défaillances sont des facteurs stimulant la confiance des acteurs économiques. Mais, dans un contexte français et européen en reconfiguration, 2017 s’annonce encore incertain.

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