Salon AI Paris: le bruit des bots

Les 6 et 7 juin derniers, se tenait à la Cité Universitaire de Paris, le 1er Salon de l’Intelligence Artificielle.

salon ai paris le bruit des bots

Il était temps qu’une telle manifestation ait lieu en France, ne serait-ce que pour faire un point sur ce sujet au cœur de (presque) toutes les préoccupations.
L’IA, soyons honnêtes, on ne sait pas vraiment ce que ça veut dire, on ne sait pas vraiment comment ça fonctionne, on ne sait pas plus ce qu’elle implique.
Par contre, beaucoup ont un avis dessus et tout le monde en parle : bref, la quintessence du buzzword.

Plus sérieusement, après 2 jours passés à écouter les différentes parties prenantes : scientifiques, enseignants, politiques, industriels, avocats, startupers, prestataires de solutions, on en conclut que l’IA provoque autant de controverses que de types d’intervenants.
Après le « dézingage » en règle du cerveau en silicium par Alex Lebrun (Facebook) et Luc Julia (Samsung, et ex-créateur de Siri) il y a quelques semaines au Forum Netexplo, on avait peut-être besoin d’entendre un son de cloche plus positif. C’est justement Alexandre Lebrun, responsable de l’IA pour Messenger, qui a ouvert le cycle de conférences avec un topo plus mesuré sur l’état de l’art(ificial intelligence).
Se sont ensuite succédés pendant 2 jours conférences, retours d’expérience, témoignages et ateliers de démonstrations de solutions dont la grande majorité portait sur la relation client, les chatbots, l’expertise linguistique et sémantique, les chatbots, le machine learning et…les chatbots.

Si l’on devait faire un digest de ces 2 journées, voilà à quoi il ressemblerait :

  • La présentation du rapport France IA (initié sous la tutelle d’Axelle Lemaire) : Quelle impulsion pour l’intelligence artificielle en France ?
    Nous reviendrons ultérieurement dans ce blog sur ce rapport très volumineux pour en exposer les meilleurs passages et les mesures phares.
  • Le point de vue du VC, en l’occurrence de Serena Capital qui a levé 80 millions d’euros pour créer un nouveau fond européen dédié à la data : Serena Data Ventures dont le 1er investissement, Heuritech, est une startup qui a conçu une IA « as a service » qui permet aux entreprises de transformer des textes et des images en données immédiatement exploitables.
    Pour Jamal Labed qui représentait Serena, plusieurs lacunes se doivent d’être comblées pour optimiser le développement des entreprises de l’IA : il manque clairement en France un maillon de financement des entreprises, celui qui correspond à la série B (montants supérieurs à 25 millions d’€) ce qui pousse beaucoup de jeunes entreprises prometteuses à l’exil anglo-saxon. Pour aller plus loin dans le financement, il manque également un pendant au Nasdaq en Europe. Enfin, il faudrait que les analystes financiers aient une meilleure compréhension du secteur.
  • L’intervention sur les enjeux de société et les défis posés par l’IA, à savoir des enjeux de parité hommes-femmes, des enjeux politiques avec une nécessité pour les politiques de bien comprendre les changements sociétaux et industriels induits par l’IA. Enfin, et non des moindres, l’enjeu de l’emploi qui pose la question de savoir si l’IA est créatrice, destructrice ou transformatrice d’emplois. Il est clair que beaucoup de secteurs seront touchés, que certains emplois routiniers et sans valeur humaine ajoutée vont disparaître en premier. Se posera alors la question : que faire à la place ?
  • Le point de vue juridique : Le public a eu droit à l’intervention enflammée d’Alain Bensoussan, avocat spécialisé dans les nouvelles technologies. Pour lui, le droit des IA relève clairement du droit des contrats. Concernant la responsabilité de l’IA, les régimes existants sont inapplicables et il faut donc un nouveau droit : un nouveau droit pour protéger l’homme des erreurs des robots et pour protéger les robots des erreurs de l’homme (sic). Pour A. Bensoussan, ce nouveau droit ne sera pas écrit par le législateur (ni par Isaac Asimov) mais par les codeurs, qui, en programmant leurs machines les rendront responsables by design.
    Seuls les codeurs seront capables de rédiger une « Charte » qui aura le mérite de répondre et de réglementer des problématiques qu’un législateur classique mettra trop de temps à mettre en place par manque de compréhension du sujet.
    Enfin, il nous a partagé, en une formule, sa vision du RGDP (Règlement Général sur les Données Personnelles) qui sera mis en application en mai 2018 : « 99 articles, 173 considérants, 26 définitions, le rêve de tout avocat ! »
    A bon entendeur…

Créer un nouveau salon n’est jamais facile, on pourra donc pardonner facilement quelques petites faiblesses sur certaines interventions. Quoiqu’il en soit, le sujet était passionnant, les technos exposées souvent bluffantes et la plupart des témoignages enrichissants.
Ne boudons pas notre plaisir et attendons l’année prochaine pour une seconde édition !

La rédaction
La rédaction
La rédaction est composée de plusieurs collaborateurs du Groupe Altares qui sont spécialisés dans leurs domaines respectifs (data science, data marketing, data intelligence, etc.) et qui partagent l'envie de faire part de leur passion de la Data à nos lecteurs.

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