Les 17 prédictions, épisode 8 : le CDO (Chief Data Officer)

Prédiction #8

« De plus en plus d’entreprises vont embaucher un Chief Data Officer. Forrester pense que le CDO va monter en puissance à court terme. Mais certains types de business et même des différences générationnelles feront que son rôle s’amoindrira dans le futur. »

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Le CDO, Chief Data Officer est la nouvelle fonction dont les (grandes) entreprises ne peuvent plus se passer. Il succède en cela au…CDO, le Chief Digital Officer ou encore le Chief Deception Officer, tant cette fonction, annoncée il y quelques années comme quasiment messianique, s’est avérée, pour une multitude de raisons, plutôt « icarienne ». On ne compte plus les CDO ayant pris leur fonction plein d’optimisme et d’énergie, épuisés une année plus tard d’avoir essayé d’expliquer à un Comex perplexe les bienfaits du BYOD, du social selling ou du lean management.

La prudence de Forrester sur la montée en puissance du Data Officer est donc compréhensible.

On évalue l’importance de certaines fonctions à l’aune de son propre écosystème et la réalité est donc souvent déformée. Il est certain que les grandes entreprises ou les grosses ETI ont aujourd’hui l’obligation de traiter le sujet de la data, il en va parfois de leur pérennité. Mais là encore, « don’t believe the hype » car elle masque la réalité. Tout comme pour le Digital Officer en son temps, c’est à qui annoncera en premier non seulement l’embauche d’un Data Officer mais surtout son positionnement au sein du Comex.

Bon, maintenant on a un CDO, qu’est-ce qu’on lui fait faire et avec quels moyens ? Ses missions sont d’autant plus importantes et élargies que l’entreprise est grande et qu’elle détient un volume de données importantes. Selon Gartner, la mission du CDO englobe la gouvernance, le contrôle, la protection et l’exploitation efficace de la donnée. La maîtrise de la qualité et du cycle de vie de la donnée est donc essentielle, ainsi qu’une bonne culture des métiers adressés. Le CDO doit également avoir une vision stratégique puisque, en théorie, son arrivée coïncide avec un virage « data-driven » de l’entreprise. Dans son périmètre également, le choix des technologies à mettre en place et le recrutement d’équipes de data scientistes et analystes.

Le chantier est vaste, complexe, également éminemment politique et diplomatique en interne : comme le Digital Officer, le Data Officer devra prendre son bâton de pèlerin pour évangéliser les diverses strates et départements de l’entreprise sur le sujet de la Data.

Alors pourquoi évoquer dès maintenant l’amoindrissement de son rôle, vue l’ampleur de la tâche qui l’attend ? Tout simplement parce que, pour les entreprises qui se seront lancées dans une démarche data-driven, les usages évolueront très vite et le CDO sera naturellement amené à déléguer, à partager son savoir et perdra petit à petit (cela prendra plusieurs années) son rôle hégémonique. Par ailleurs, les technologies liées à la data vont évoluer vers plus de simplicité, d’ergonomie, d’accessibilité et même les modèles économiques vont changer (on parle d’ores et déjà de Data as a Service). Le secteur de la publicité programmatique est un bon exemple. Basé sur des technologies complexes de trading et de RTB d’un côté et de gestion de masse énormes de données de l’autre, il a été un (court) temps l’apanage d’une élite de spécialistes se faisant plaisir sur les marges et l’opacité de leurs méthodes. En quelques années, l’activité s’est démocratisée, la technologie est devenue plus accessible et de nouveaux profils professionnels sont apparus et ont été recrutés chez l’annonceur pour challenger les prestataires, rationaliser les coûts et internaliser des projets comme la création de DMP ou de Data warehouse. C’est la même tendance qui se dessine en dehors des périmètres de la publicité ou du marketing :
montée en compétence des profils, appropriation des technologies, compréhension des enjeux inverseront les rapports de force entre les clients et les prestataires. Enfin, la transversalité même de la data dans l’entreprise va lui faire quitter les feux de la rampe pour la rendre « naturelle ».

Le CDO d’aujourd’hui est un peu le chercheur d’or rustique du Klondike, l’aventurier qui creuse les premiers puits de pétrole en Alaska. Celui de demain sera plus technocrate, au rôle plus politique qu’opérationnel.

Et il s’ennuiera.

La rédaction
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La rédaction est composée de plusieurs collaborateurs du Groupe Altares qui sont spécialisés dans leurs domaines respectifs (data science, data marketing, data intelligence, etc.) et qui partagent l'envie de faire part de leur passion de la Data à nos lecteurs.

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