L’information digitalisée : la clé de l’innovation pour le KYC

Les entreprises développent de plus en plus des solutions spécialisées dans le KYC grâce à la blockchain mais d’autres données doivent être digitalisées.

Le respect des règles d’identification et de suivi des clients est considéré comme un cas d’étude majeur pour les technologies émergentes telles que les registres distribués, mais les experts disent qu’il y a encore des défis à surmonter avant de pouvoir faire 100% confiance à la blockchain.

Embarquer les clients dans des programmes de connaissance client (KYC) peut se révéler être un processus fastidieux et, bien que de nombreuses plates-formes aient été développées, cela reste un point de souffrance.

Les banques doivent constamment mettre à jour les informations sur leurs clients, tandis que les clients qui sont en contact avec de multiples institutions doivent passer par des procédures onéreuses pour chacune d’entre elles. Certains pays requièrent différents lots d’information afin de respecter de nombreuses règles, ce qui amène les institutions à devoir recontacter chaque client à plusieurs reprises afin d’obtenir les données dont elles ont besoin. Un process pas vraiment customer centric !

Sexy e-KYC ?
Mais le KYC est en train de se transformer. De la blockchain en passant par l’intelligence artificielle et les processus d’automatisation, les nouvelles technologies contribuent à faire du KYC un processus moins fastidieux même si les experts expliquent que ce ne sera possible que si les données demandées sont digitalisées. Ce qui n’est actuellement pas le cas.
Le fournisseur de technologies et de services financiers Synechron, et le consortium de la blockchain R3, ont pour projet de faire équipe afin de proposer une solution de KYC – baptisée Leia 2 – qui fonctionnera dans un registre distribué. Cette initiative vise ainsi à rendre le processus du KYC moins manuel et donc moins intensif, ce qui permettrait aux clients et aux banques de faire des économies.

Cette solution, qui est toujours en cours de développement, devrait faciliter les problèmes rencontrés lors de la collecte, la validation, la confidentialité des données et l’expérience client. Elle permettrait aux utilisateurs finaux de contrôler la distribution de leurs données, de manière à protéger les informations identitaires. Idéalement, les entreprises pourraient déposer des documents d’identification dans le registre qui pourraient ensuite être partagés aux différents tiers.

Tim Coates, co-gestionnaire du design du projet Leia 2, explique que la plateforme apporte aux banques les informations nécessaires en une seule et unique source.

« La collecte de documents est un point noir pour les banques, alors nous espérons que notre solution devienne un dépôt unique de l’information pour les clients », explique M. Coates. « Étant donné qu’elle est sur un compte-rendu distribué et immuable, l’information est exacte ».

Le développement de cette solution KYC a débuté en juillet et aucune date de sortie n’a pour le moment été définie, bien que M. Coates pense que l’initiative puisse s’étendre à un projet de plusieurs années à mesure que les éléments seront affinés. Il s’est donné trois mois pour développer un prototype. Il précise que le projet en partenariat avec R3 lui permet d’être plus proche des institutions bancaires qui lui apportent des connaissances commerciales pour ce type de solution. Il ajoute que Corda (la solution) est un système plus fermé que les autres éléments de la blockchain, ce qui est une réelle valeur ajoutée pour un projet dans le monde des données numériques.

Faire face à une masse croissante de données clients à sécuriser.
Malgré le buzz autour du KYC et de la blockchain, les experts digitaux ne peuvent pas à eux seuls rendre le processus plus efficace. Les entreprises qui proposent des services de KYC utilisent le machine learning et l’automatisation, pour lire et analyser des documents qui pourraient prendre des heures à une ou plusieurs personnes.

Joe Dunphy, vice-président de la gestion des produits de KYC, affirme que poser les fondations autour de la gestion et la numérisation des documents sont des étapes importantes pour la croissance du KYC.
“Nous devons commencer par le début avant d’aller plus loin, car l’information doit être disponible. Ces derniers temps, davantage de documents sont numérisés et c’est une condition sine qua non à toutes les innovations technologiques du KYC “, a déclaré Dunphy. “Les obstacles pour le KYC sont sur le plan juridique et sur le plan de la conformité. Nous devons nous assurer que la confidentialité des données est assurée. ”

Dunphy et Coates estiment que le KYC est à l’origine de nombreux heurts entre les clients et les banques. Cela pourrait être évité si les données nécessaires étaient numérisées.

Fenergo, par exemple, utilise l’automatisation pour lire des documents numérisés structurés, comme les comptes de résultat des entreprises, les documents fiscaux et des documents non structurés comme les mémos. Il détermine également le type d’information demandé par la banque selon sa situation géographique.

Coates souligne que la solution que Synechron et R3 sont en train de développer offrira une sécurité de données cryptées afin que les données des clients ne soient exposées qu’aux tiers concernés.

L’accent étant de plus en plus mis sur la transparence des échanges dans l’industrie financière et les gouvernements examinant minutieusement les transactions effectuées afin d’appliquer la loi et lutter contre la fraude et le terrorisme, le KYC devient une contrainte encore plus importante pour les banques. Mais Joe Dunphy estime que ce segment est assez mature pour devenir innovant.

“Historiquement, l’accent n’a jamais été réellement sur le KYC, de ce fait la connaissance réelle du client est relativement nouvelle”, a déclaré Dunphy. “Faire en sorte que l’industrie s’accorde sur un ensemble de standards a également été difficile, mais maintenant, il y a une dynamique en raison de la croissance de la communauté des banques utilisant les mêmes normes”.



La rédaction
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