4e Prix des délais de paiement : La récompense des bons payeurs

Prix délais de paiement2

Ce lundi 13 novembre se tenait au Ministère de l’Economie et des Finances la 4e édition des Assises des délais de paiement. A cette occasion, les Prix des délais de paiement étaient décernés aux entreprises les plus vertueuses en la matière. Le jury d’experts, co-présidé par Jeanne-Marie Prost, présidente de l’Observatoire des délais de paiement, Jean-Hervé Lorenzi, président du pôle de compétitivité Finance Innovation et Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises a récompensé plusieurs organisations et ce, dans 5 catégories différentes.
Présent par le truchement d’une vidéo, Benjamin Griveaux, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie, est revenu sur la nécessité de combattre les retards de paiement, causes d’une défaillance d’entreprise sur trois. Jeanne-Marie Prost a elle pointé du doigt les grands groupes qui figurent parmi les plus mauvais payeurs alors qu’ils sont censés donner l’exemple et sur la nécessité de durcir les sanctions à leur encontre. Enfin, le baromètre réalisé par le Médiateur sur le sujet révèle principalement un défaut d’information entre fournisseurs et clients, même si un éventuel litige est justifié.
La prudence s’est enfin exprimée par la voix de la CPME (Confédération des Petites et Moyennes Entreprises) disant en substance qu’il valait mieux s’assurer que toutes les entreprises respectent à terme l’actuel délai légal de 60 jours plutôt que d’envisager de réduire ce dernier à 30 jours comme pourrait le prévoir la nouvelle mesure de Bruno Le Maire dans le cadre de la loi qu’il défendra au printemps 2018.

Voici le palmarès :
Prix organisme public : Ministère des Armées.
En s’appuyant sur la dématérialisation des procédures, le ministère s’est fixé comme objectif de diviser par 2 ses délais de paiement.

Prix Grand groupe : Groupe Michelin.
Le groupe s’appuie sur l’amélioration, année après année, de l’indicateur POT (Payment On Time) qui vise le respect des engagement contractuels passés avec ses nombreux fournisseurs dans le monde entier.

Prix Territoire : Département des Hauts de Seine.
Enjeu-clé de la modernisation de la relation fournisseur, le département insiste sur l’organisation et la formation de ressources internes dédiées à la chaîne de facturation.

Prix PME : Ideal Meeting & Event.
Cette PME s’engage à respecter un délai de paiement de 3 jours à réception des factures.

Prix ETI : Gutenberg Networks.
Cette agence de communication spécialisée dans le contenu a décidé de lier sa politique de paiement à sa démarche RSE

On peut rajouter deux coups de cœur du jury :

Agglomération du pays d’Or (Hérault)
Pour cette communauté d’agglomération, la diminution des délais de paiement fait partie des mesures de soutien aux acteurs économiques locaux.

Centre hospitalier intercommunal de Créteil (94)
L’établissement a mis au point un dispositif de préfinancement des factures fournisseurs, ce qui est très innovant dans le secteur public.

Nous avons pu également poser quelques questions à Thierry Chevalier, le président de CompinnoV, partenaire des Assises et organisateur du Prix des délais de paiement.

Altares: L’événement fête sa 4e édition, pourtant la problématique des retard de paiement est (beaucoup) plus ancienne. Quel a été l’élément déclencheur de cette remise de prix ?

Thierry Chevalier: Nous avons lancé les Prix et Assises des délais de paiement suite à 2 entretiens: Dominique Leblanc (aujourd’hui président de Wansquare) avait attiré mon attention sur la mortalité des entreprises (+ de 65000 en 2013) dont 1/4 pour des problèmes de trésorerie. et les quelques chiffres annoncés à l’époque m’avaient vraiment surpris. Fort de cette prise de conscience, Jean-Hervé Lorenzi, alors président de l’Observatoire des délais de paiement, m’a indiqué sa volonté de médiatiser cette thématique pour faire bouger les mentalités des acteurs économiques et politiques, sauver des outils de production et les emplois associés. Le message était clair: il fallait passer “à l’attaque”.
Un comité de pilotage s’est réuni autour de Dominique Leblanc, et Altares, représenté par Charles Battista et Thierry Millon, a tout de suite adhéré et nous avons lancé les travaux.
Beaucoup de chemin parcouru jusqu’à aujourd’hui, 13 novembre, où nous avons remis les 5 trophées 2017.
Le comité de pilotage regroupant 20 des plus grandes associations ou fédérations professionnelles (CGI, CPME, MEDEF, Pacte PME…) et 7 partenaires financiers :American Express, Banque de France, BPIfrance, Auctus Lending, BNP Paribas Factor, CGI et bien sûr ALTARES, est déjà en train de travailler sur la 5° édition de juin 2018.

A: Que vous inspire la liste des lauréats et quels enseignements en tirer ?

T.C.
: Cette année encore des prix ont été remis à 3 entreprises (PME – ETI – Grand Groupe) et 2 acteurs publics.
Le jury a également eu 2 coups de cœur : l’Hôpital Intercommunal de Créteil (un hôpital pour un coup de cœur, rendez vous compte !) et l’Agglomération du Pays de l’OR. Une nouvelle fois ces distinctions sont des prix “oranges” pas des prix “citrons” : nous valorisons les bonnes pratiques pour les partager.
Le Président de la République, a montré sa volonté d’aller plus loin sur le “name & shame”, qui consiste dénoncer les mauvais payeurs qu’ils aient fait l’objet de contrôles DGCCRF ou pas… le sujet est enfin sur la place publique. Il est temps que tous les acteurs de la chaîne allant des achats aux règlements prennent conscience de l’importance du respect de la loi de modernisation de l’économie, des conditions de vente, ou plus généralement, de la parole donnée.
Le facteur humain fait toute la différence entre les bonnes pratiques et les mauvaises.

Ma grande inquiétude : les ETI. La qualité et la quantité des dossiers “grand groupe” montrent clairement que le message est passé et intégré par les équipes. Les ETI, elles ne sont pas au rendez-vous. Les 3 dossiers reçus en sont une représentation flagrante.
MERCI toutefois à elles, pourvu qu’elles aient valeur d’exemple.

A: De votre point de vue, comment aller plus loin dans l’amélioration / la résolution de la situation ? Plus d’éducation ou plus de coercition ?

T.C.: Ministre, Emmanuel Macron a lancé le mouvement sur l’amélioration des délais de paiement; Président de la République il persiste et signe. Espérons que ses ministres le suivent sur ce chemin. Les lois sont suffisantes, le “name & shame” fait bouger les plus récalcitrants avec une force de plus en plus impressionnante. Continuons à montrer du doigt les bons élèves et aussi les mauvais. Les délais de paiement sont un jeu à somme nulle dont les petits payent le plus souvent les frais. La dématérialisation ne peut qu’accélérer et faciliter les process pour réduire, voire annuler, les dérapages et n’oublions pas comme le montre l’étude réalisée par Térésa Monroe pour CompinnoV : nous sommes tous concernés.

La rédaction
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