Panorama et tendances des Achats en 2018 (1/2)

Réduction des coûts et performance Achats : les leviers évoluent

En 2018, 72% des personnes interrogées déclarent que la réduction des coûts reste le premier objectif de la direction Achats. Un pourcentage logique, la plupart des directions générales attendant de la fonction Achats qu’elle permette d’optimiser les couts, dans un contexte international de plus en plus concurrentiel et où la notion de performance économique est plus que jamais de mise. Mais ce pourcentage est à son plus bas niveau depuis 2013 avec une chute de près de 10 points par rapport à 2017. C’est aussi la première fois que ce pourcentage est en baisse, après 5 années d’augmentation plus ou moins continue.

Ici apparaît une différence notable entre le public et le privé. La réduction des coûts semble être un objectif beaucoup plus impératif dans les entreprises du secteur privé que dans les organisations publiques : 74% contre 58% soit une différence de 16 points. Attention toutefois à ne pas en tirer de conclusions hâtives : l’optimisation des coûts est bien un enjeu pour les directions Achats relevant du secteur public ! Celui-ci apparaît simplement plus nuancé ou moins prononcé au regard des résultats de cette étude. Au demeurant les Achats sont et restent un levier essentiel de l’équilibre des finances publiques.

Si la réduction des couts est majoritairement l’objectif premier de toutes les entreprises, quel que soit le secteur, il y a tout de même une différence relativement nette entre les entreprises de services d’un côté et les entreprises industrielles de l’autre. Par exemple, les DA appartenant aux secteurs de l’IT (71%) de la banque et de l’assurance (62%) ou encore du commerce interentreprises (55%), affichent un pourcentage inférieur à celui de la moyenne du panel. Cette tendance peut s’expliquer entre autres, par la digitalisation accélérée dans les secteurs des services.

Les méthodes de réduction des coûts apparaissent très diversifiées. Pour réduire les coûts, la négociation restera la méthode la plus utilisée par les acheteurs (58%). Toutefois, il est très intéressant de noter que d’autres leviers sont couramment utilisés, loin des clichés autour de la confrontation directe et parfois brutale avec les fournisseurs. Ces leviers peuvent être internes, comme la mutualisation et la globalisation des Achats (citées par 50% des acheteurs) ou encore l’ajustement des spécifications techniques (47%). Des résultats en forte augmentation par rapport à l’année dernière (respectivement de 5 points et de 15 points) qui soulignent l’importance de la collaboration avec les clients internes de la fonction, pour des Achats plus efficients.

Ces leviers peuvent être également plus analytiques, à l’image du TCO (Total Cost Ownership), mentionné par 39% des répondants ou de l’analyse de la valeur (38%). Des techniques d’Achats plus globales et basées notamment sur l’open innovation, avec une vision à long terme, que l’on qualifiera de plus intelligentes et qui, là aussi, enregistrent une forte augmentation par rapport à 2017 : près de 12 points pour le TCO et 10 points pour l’analyse de la valeur.
en revanche, d’autres techniques sont de moins en moins utilisées, comme le changement de fournisseurs (26% en 2018 contre 35% en 2017) ce qui témoigne ici encore de la volonté des acheteurs de s’inscrire dans la continuité et la collaboration plutôt que dans la rupture pure et dure.
Pour parvenir à leurs objectifs de performance, les directions Achats privilégient plusieurs axes de travail, parmi lesquels le développement des outils collaboratifs (48%), l’automatisation de certaines tâches (36%) ou encore le SRM (34%). Le recours à des places de marchés (12%)ou aux enchères inversées (12%) perd du terrain alors que la notion de blockchain, elle, est encore confidentielle.

Seuls 4% des acheteurs interrogés indiquent bénéficier de bonus uniquement sur les gains Achats, un système incitant au cost killing et aux économies à court terme. C’est un pourcentage extrêmement faible qui vient tordre le cou à certaines idées reçues. Ils sont également 41% à déclarer ne pas percevoir de bonus, là aussi une proportion importante et équivalente aux acheteurs et responsables Achats qui perçoivent des boni calculés à la fois sur les gains Achats et sur d’autres critères non financiers.

A noter qu’il existe une différence notable entre le secteur privé et le secteur public, une immense majorité des acheteurs publics n’ayant pas de bonus (74%) ni même de bonus alliant à la fois des gains Achats et des critères non financiers.

Parfois taxés d’être des cost killers uniquement intéressés par les gains financiers, ces résultats montrent en tout cas un autre visage des acheteurs.

Cette étude a été menée conjointement par le CNA (Conseil National des Achats) et le cabinet de Conseil en Achats Agile Buyer de novembre à décembre 2017 sur un panel de plus de 600 professionnels du monde des Achats. Nous en retranscrivons ici les principales conclusions parues dans le n°69 du magazine Profession Achats.

La rédaction
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