La startup du mois: ComplyAdvantage

C’est peu dire que la compliance est LE sujet du moment…et pour un moment.
Dans le scope assez large de ce que doivent faire les entreprises pour être en conformité réglementaire figure en bonne place la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme (LCB-FT).
Cette contrainte, imposée par la 4ème Directive de l’UE qui renforce tous les dispositifs déjà existants a été mise en application au mois de juin de l’année dernière.
Concernant cette directive, vous pouvez aller directement consulter notre article en lien avec le sujet pour être incollable et parfaire votre culture générale.

Pour ce qui concerne spécifiquement l’AML (Anti-MoneyLaundering), l’enjeu ici est de pouvoir identifier ce qu’on appelle les Bénéficiaires Effectifs (UBO, Ultimate Business Owner, pour nos amis anglophones) pour éviter les risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme. En résumé, il faut pouvoir remonter la piste de montages capitalistiques parfois complexes, passer l’écran de fumée des sociétés paravents ou des prête-noms et déterminer précisément celui, ou celle qui détient réellement l’entreprise.
Concernant le secteur de la banque et de l’assurance, qui est en première ligne, c’est l’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution, qui dépend de la Banque de France) qui s’occupe de la supervision et du bien-fondé de ces contrôles.

ComplyAdvantage

Cette tâche est souvent confiée, dans les grandes entreprises, au service risque ou au service juridique, cela dépend de l’organisation interne des entreprises, ou encore au DPO (Data Protection Officer) quand le poste existe.
Pour beaucoup d’autres entreprises, et elles sont nombreuses, les compétences ou le temps font défaut.
Ce créneau spécifique a donc été rapidement occupé par quelques Regtech/LegalTech, dont Complyadvantage, qui nous intéresse aujourd’hui.
Pour faire exception à la règle, cette startup n’est pas française mais britannique. Fondée en 2014 par Charles Delingpole, un ancien élève de Cambridge ayant déjà fait ses armes en créant MarketInvoice en 2010, sa mission est de rechercher des documents dans le monde entier pour s’assurer que les clients se conforment aux exigences en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et de “connaissance du client” (KYC).
La société, qui travaille aujourd’hui avec plus de 200 entreprises avait au départ été lancée pour aider un petit nombre d’entreprises à répondre aux exigences complexes de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (CFT). Depuis, elle a développé son produit pour couvrir des éléments tels que les listes de personnes politiquement exposées (PPE) et d’autres domaines de risque et de conformité qui sont difficiles à mettre à l’échelle.

La façon dont les organisations filtrent et surveillent leurs relations avec leurs clients pour se conformer aux règlements en matière de sanctions et prévenir les risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme est fondamentalement brisée “, affirme Stephen Ball, vice-président des ventes et du marketing de ComplyAdvantage.

Les technologies héritées sont dépassées, coûteuses et inefficaces, générant généralement de grandes quantités de travail manuel sous la forme d’alertes aux risques inutiles que les équipes doivent examiner “, ajoute-t-il, citant comme exemple un client ayant le même nom qu’une personne politiquement exposée complètement différente.  En outre, les criminels sont en train de gagner, les solutions existantes n’ayant qu’un impact limité sur la réduction réelle de la criminalité financière“.

« Cela, continue-t-il, a laissé les responsables de la conformité blasés. Initialement attirés par le rôle de la lutte contre la criminalité, ils se retrouvent souvent à cocher des cases de façon inefficace mais suffisante pour maintenir les entreprises pour lesquelles ils travaillent du bon côté des régulateurs, même si cela échoue souvent aussi. Pendant ce temps, les amendes des régulateurs sont, en quelque sorte, attendues et intégrées dans les modèles de tarification des services financiers ! »

Pour remédier à cette situation, ComplyAdvantage fait le pari de l’intelligence artificielle et du machine learning pour aider à la mise en conformité et participe au premier rang à une “révolution regtech” qui est en train de déferler sur les services financiers.

Complyadvantage a jusqu’à maintenant levé 8,2 millions de dollars auprès de différents capital-risqueurs.

NB: Certains passages (interviews) de ce post sont extraits d‘un article paru dans TechCrunch en octobre 2016

La rédaction
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