Compte-rendu des 5èmes Assises et Prix des délais de paiement + Etude exclusive

Placés sous le parrainage de Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, représenté par Delphine Geny-Stephann, sa secrétaire d’Etat, les Assises et Prix des délais de paiement tenaient leur 5ème édition au siège du MEDEF à Paris le 31 mai dernier.
En souhaitant sortir cet événement du ministère de Bercy là où il avait lieu jusqu’à maintenant, les organisateurs ont voulu redonner une tonalité entrepreneuriale forte à la problématique des délais de paiement et c’est normal : ce sont les entreprises les premières concernées.
Dans un contexte économique plus favorable que les années précédentes, cet événement, conçu pour reconnaitre, encourager et récompenser les entreprises vertueuses dans leurs délais de paiement, a vu se confirmer cette nette tendance à l’amélioration.
Cette tendance se vérifie non seulement au niveau local mais aussi, comme l’a montré Thierry Million dans son étude sur les comportements de paiement dans le monde, au niveau international.
(Voir l’étude complète en fin d’article).
Concernant les organisations, les bonnes surprises viennent du secteur public avec le ministère de la Culture et Toulouse Métropole. Ces deux lauréats sont le symbole d’un (début de) changement de paradigme pour l’administration : réorganisation des services, dématérialisation et digitalisation des process (avec Chorus Pro par exemple) sont des vecteurs d’amélioration des délais de paiement.

Jeanne-Marie Prost, présidente de l’Observatoire des délais de paiement, Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises, Thibaut Lanxade, Observatoire des délais de paiementvice-président du Medef, Jean-Noël Barrot député et vice-président de la commission des Finances à l’Assemblé Nationale, tous se sont accordés à reconnaître que la situation s’améliorait mais qu’il était nécessaire de continuer à récompenser les vertueux (name and fame) et à contraindre, voire punir plus sévèrement les mauvais payeurs (amendes, name and shame). Après tout, les 60 jours de délai sont déjà, en soi, une dérogation au délai légal qui est de 30 jours, il ne faut pas l’oublier.
Les énergies doivent donc se mobiliser, du sommet de l’Etat jusqu’à la toute petite TPE pour instaurer une « économie de la confiance » en vue de permettre à toutes les entreprises de faire ce qu’elles doivent faire en premier lieu : créer de la richesse.

Palmarès:

Prix PME : Groupe Equity (conseil en informatique).
Réduction des délais de paiement fournisseurs à 5,25 jours avant l’échéance contractuelle ! 100% des factures sont payés à échéance. L’objectif pour la suite de l’année est d’arriver à un délai de traitement de 2 jours pour un volume de factures toujours plus important.

Prix Territoire : Toulouse Métropole.
Réduction de moitié des délais de paiement à l’appui d’une charte des marchés publics et proposition d’une avance de 30% aux fournisseurs du secteur du BTP.
Les objectifs pour le 2018 sont de passer de presque 19 jours à 15 jours de délais de paiement et de s’acquitter de 90% des factures à 30 jours maximum.

Prix organisme public : Ministère de la Culture.
Réduction des délais de paiement de 60% pour passer d’une moyenne de 52 jours en 2014 à 20,2 jours en 2017. Cette démarche s’inscrit dans le Plan de modernisation de la chaîne de la dépense adoptée fin 2014. Objectifs pour 2018 : passer sous la barre des 20 jours de délais de paiement et 90% des factures payées à échéance.

Prix ETI-Grand Groupe : Crédit Agricole Centre-Est.
Réduction des délais de paiement de 6 jours en 2 ans suite à la mise en place d’un plan d’actions.
La Caisse traite ses engagements auprès de ses fournisseurs avec la même approche que son engagement de financement et d’investissement dans le tissu économique local. L’objectif est de passer de 27 jours à 25 jours de délai moyen de paiement et d’acquitter 97% des factures avant 60 jours.

« Coup de cœur » organisme public : Centre de service partagés dépenses du service de santé des armées.
Amélioration de 24 jours en deçà du délai légal de paiement grâce à une rationalisation des contrôles, une optimisation des circuits et une mise en place de nouveaux outils.

[crédit photos: Raphaël Bourelly pour les Délais de paiement]

L’etude CRIBIS D&B sur les délais de paiements dans le monde.

En exclusivité pour les lecteurs de notre blog, nous mettons donc à votre disposition l’étude réalisée par CRIBIS (l’alter ego de Altares en Italie) sur les comportements de paiement dans le monde, étude réalisée à la lumière des data mondiales de Dun & Bradstreet et émanant du programme DunTrade. T. Millon, Altrares
CRIBIS D&B est une société spécialisée en matière d’information commerciale. Sa mission est d’offrir à la fois au marché italien et aux clients mondiaux de D&B le plus haut niveau de qualité, de profondeur et d’exactitude des data BtoB. Elle propose également des systèmes décisionnels et des modèles de notation basés sur ces données.

Cette étude, publiée avec des données arrêtées au 31 décembre 2017 pour tous les pays, à l’exception de l’Italie, où les données sont celle du 31 mars 2018, vise à brosser un tableau international de la situation en matière de pratiques de paiement, avec un accent particulier sur l’Italie et l’Europe.
Il a été possible de collecter et d’analyser les données de paiement de presque 40 pays dont 5 nouveaux : la Serbie, la Croatie, la Suède, le Luxembourg et les Émirats arabes unis. Pour chaque pays, les modèles de transactions commerciales sont analysés en détail, en prêtant attention à tout changement par rapport aux années précédentes.

Comme on l’a vu dans les éditions précédentes, l’étude internationale sur les paiements de 2018 montre une certaine hétérogénéité dans les paiements et des pratiques et tendances assez différentes entre les pays étudiés, caractérisées par les réactions individuelles aux difficultés macroéconomiques croissantes et à une crise du crédit de plus en plus étendue qui a frappé les systèmes économiques du monde entier.
En particulier, la performance des paiements dans 24 pays européens en 2017 a été analysée, et encore une fois, les tendances entre un pays et un autre sont très différentes.

La moyenne européenne dans la classe de paiement ponctuel a augmenté, avec 41,7% du total (+2,3% par rapport à l’année précédente). Le pourcentage d’entreprises qui paient en moyenne à plus de 90 jours au-delà des conditions contractuelles était de 3,7 %.
La meilleure performance a été observée au Danemark, qui a atteint un pourcentage de 88,4% de ponctualité suivie de la Pologne (75,5%) et des Pays-Bas (66,3%).
Les entreprises de Finlande, de Bulgarie, du Portugal et d’Irlande, d’autre part, éprouvent de plus grandes difficultés dans le respect des accords commerciaux convenus, avec moins de 28% dans cette classe de paiement. Les données les plus mauvaises proviennent des entreprises portugaises, qui parviennent à payer dans les délais impartis seulement dans 16,1% des cas analysés.

Une analyse des performances dans les classes de retard de paiement les plus graves (plus de 90 jours en moyenne) montre également des situations différentes entre les pays européens analysés. Les entreprises roumaines et grecques présentent la situation la plus problématique, avec des pourcentages supérieurs à 8 %.
La France (3%), l’Espagne (2,9%) et l’Italie (3%) se trouvent dans une position intermédiaire alors que celles des autres pays sont stables et contenues (moins de 1 % pour les Pays-Bas, la République tchèque, l’Allemagne, la Finlande et le Danemark).

Douze pays non européens ont été pris en compte dans l’édition 2018 de l’étude : les États-Unis, le  Canada, le Mexique, la Chine, Hong Kong, Taiwan, Singapour, les Philippines, l’Inde, Israël, la Thaïlande et les Emirats Arabes Unis.
La situation de Taïwan, des États-Unis et du Mexique est positive, avec plus de 56 % de ponctualité des payeurs. Les plus mauvais résultats concernent les paiements ponctuels pour Israël et la Chine, avec seulement 17,4 % et 27,1% dans cette catégorie.
Des pourcentages encore plus élevés sont observés aux Philippines (38 %) et en Inde (8,7%).

La situation des paiements en Italie en 2017 est restée stable par rapport à 2016. “Les “bons payeurs” représentaient 37,3% du total. De plus, le pourcentage de payeurs ponctuels est toujours moins élevé qu’avant la crise économique et financière (50,8% en 2007 et 49,6% en 2008).
Toutefois, il y a eu une petite diminution de 1,5 point de pourcentage sur 12 mois dans les cas de graves retards de paiement, atteignant 3% du total.

En conclusion, ce qui émerge pour 2017 est une image diversifiée, avec des scénarios de paiement très différents entre les pays examinés.
Événements internationaux, modèles nationaux spécifiques, caractéristiques industrielles et cultures d’entreprise différentes dans chaque pays, cela explique les grandes variations de scénarii et de tendances d’un pays à l’autre et, dans certains cas, les tendances ont changé de cap par rapport aux années précédentes.
Les prévisions macroéconomiques laissent entrevoir une certaine négativité, même pour cette année, et l’on s’attend toujours à une période marquée par des périodes critiques pour les différents pays examinés. Cela signifie que pour 2018, les entreprises devront procéder à une recherche et à une évaluation minutieuses de l’information commerciale sur les produits et services des partenaires commerciaux afin de protéger leurs flux de trésorerie et de gérer rapidement les infractions dans les contrats et les retards de paiement des clients et des fournisseurs.

La rédaction
La rédaction
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