Instantané pays D&B – Russie: Une coupe à moitié pleine.

On ne pouvait pas, en ce début de période de mondial qui va augurer autant d’emballements que de déceptions, ne pas évoquer le pays hôte de cette compétition internationale : la Russie.
Très souvent éclipsée par la personnalité et les prises de positions controversées de son président Vladimir Poutine, la nation russe représente néanmoins un immense potentiel en termes de marché mais également un pays ayant tout le potentiel pour devenir un des leaders économiques de ce 21ème siècle.
En revanche, vu le niveau footballistique de son équipe nationale du moment, il faudra certainement un exploit (ou quelques accidents malencontreux) pour satisfaire un peuple et son président prompts aux débordements les plus variés, cet avis n’engageant que l’équipe rédactionnelle de ce blog !


Les fondamentaux

La Russie restera le plus grand marché d’Europe de l’Est dans un avenir proche même si le vieillissement de la population pose des problèmes pour le développement économique. La mise en œuvre de réformes structurelles visant à remédier à la dépendance excessive de l’économie à l’égard des revenus tirés des ressources naturelles reste au point mort. Une réglementation excessive, une gouvernance faible et une participation substantielle de l’État à l’économie continuent de décourager les investissements pouvant améliorent l’efficience des infrastructures.


Point-clé :
Des estimations rapides suggèrent que le PIB pour 2017 n’a augmenté que de 1,5%, indiquant une performance décevante, en particulier à la lumière de la hausse des prix du pétrole, dont le pays reste extrêmement dépendant.


Environnement commercial et business :

Le secteur bancaire reste vulnérable à court terme : les sanctions occidentales en cours, la faiblesse des prix du pétrole, une devise encore faible et une reprise économique modeste continuent de peser sur la rentabilité des banques et la qualité des actifs. Les sanctions limitent l’accès des banques au financement externe. Pendant ce temps, le coût du service de la dette extérieure reste élevé, car le rouble – malgré une nouvelle hausse depuis son plus bas niveau en janvier 2016 – reste historiquement faible. Néanmoins, les autorités sont susceptibles de disposer de ressources suffisantes pour soutenir toutes les banques systémiques russes afin d’éviter une crise financière. Bien que la banque centrale intervienne occasionnellement pour soutenir la monnaie, cette dernière reste flottante librement, ce qui permet au gouvernement de conserver des réserves de change pour soutenir le secteur bancaire dans la réalisation de ses engagements extérieurs. En effet, ces dernières, qui s’élevaient à 356,1 milliards USD à fin décembre (contre 355,5 milliards à la fin novembre), restent à des niveaux confortables.


RISQUES ET OPPORTUNITES

Potentiel économique à long terme

Poutine dévoile son plan de reprise.
Après avoir prêté serment en tant que président pour la quatrième fois en mai, Vladimir Poutine a rassuré son électorat en disant que le gouvernement s’efforcera d’améliorer de façon significative le niveau de vie (en augmentation des dépenses de santé et d’éducation) et moderniser le pays d’ici 2024. Poutine s’est également engagé à stimuler l’économie stagnante de la Russie par le biais d’un certain nombre de réformes structurelles indispensables.
Entre autres choses, le plan du président (que nous considérons comme trop ambitieux compte tenu de la situation actuelle de l’économie et les mauvais résultats obtenus dans la réalisation des promesses électorales) vise :
– tout d’abord à faire de la Russie une des cinq plus grandes économies du monde (la Russie est la 12e plus grande économie du monde à l’échelle de l’Union européenne selon les données du FMI, ce dernier ne s’attendant pas à ce que la Russie améliore son classement au moins avant 2023).
– deuxièmement, porter l’espérance de vie à une moyenne de 78 ans (contre 72 actuellement, bien que l’ONU ne s’attend pas à ce que la Russie atteigne une espérance de vie de 78 ans avant 2065).
– troisièmement, faisant de la Russie l’un des dix pays du monde ayant la meilleure éducation générale.

Poutine s’est également engagé à créer au moins 250 milliards d’USD par an d’exportations non liées aux ressources et non liées à l’énergie et à augmenter la construction résidentielle annuelle à au moins 120 millions de mètres carrés (contre 80 millions actuellement), bien que le secteur de la construction soitt encore inférieur de 8% à son pic de 2015.

En dépit de ces engagements, nous pensons que deux facteurs principaux continueront de freiner le potentiel de croissance à long terme de la Russie :

Le premier est son modèle de croissance totalement dépendant à l’égard des hydrocarbures, modèle qui ne semble pas susceptible de changer de manière significative dans un avenir proche en raison de l’insuffisance des efforts de diversification de la base économique.
Le second est l’impact de nombreuses contraintes structurelles à la croissance, y compris des tendances démographiques défavorables, une flexibilité insuffisante du marché du travail, une empreinte excessivement importante de l’État dans l’économie, l’insécurité des droits de propriété, la corruption généralisée et les obstacles réglementaires.

Perspectives économiques à court terme

La pression inflationniste reste modérée.
Selon les dernières données officielles, l’inflation globale reste faible (malgré l’accélération de l’inflation de base) et bien en deçà de l’objectif à moyen terme de 4,0 % fixé par la banque centrale. L’inflation s’est établie à 2,5 % en avril (en baisse par rapport à une moyenne de 2,4 % au premier trimestre) et l’inflation de base s’est accélérée à 2,1 %, contre 1,9% enregistré au premier trimestre. La croissance des prix devrait se maintenir, atténuée dans les mois qui viennent mais nous nous attendons à ce que l’inflation augmente graduellement jusqu’à 4,0 % à moyen terme, sous l’effet du raffermissement de la demande intérieure et de l’intensification de l’économie mondiale.
Pendant ce temps, les indicateurs prévoient un ralentissement du rythme de l’expansion économique au premier trimestre : la production industrielle a augmenté de 1,5 % au premier trimestre, en raison d’une hausse de 1,0 % par rapport au premier trimestre de la production de gaz naturel.

Par ailleurs, le marché du travail a montré de nouveaux signes d’amélioration au cours de la période de trois mois se terminant en mars : le taux de chômage a légèrement baissé à 4,8%, contre 5,1% au 4ème trimestre 2017.

Risque de change

Réduction principale des taux directeurs.
Après de faibles données inflationnistes, la CBR (Central Bank of Russian Federation) a abaissé son taux d’intérêt directeur à 7,50% en décembre, contre 7,75% précédemment, et n’exclut pas d’autres réductions en 2018, surtout si l’inflation commence à augmenter au second semestre comme le prévoit notre scénario de référence. L’assouplissement monétaire en cours devrait avoir des effets positifs sur les dépenses privées et la demande des consommateurs grâce à des crédits à la consommation moins chers et des hypothèques immobilières. En effet, les crédits hypothécaires ont bondi de 37,2% pour atteindre 2 milliards de roubles après la baisse des taux ; quelque 79 000 nouveaux prêts ont été accordés en janvier (en hausse de 94% sur un an), d’une valeur d’environ 148 milliards de roubles, selon la CBR.


Profil Pays

Aperçu général
S’étendant sur 11 fuseaux horaires allant de la mer Baltique à l’ouest à l’océan Pacifique à l’est, la Russie est le plus grand pays du monde par sa superficie. Ses 84 sous-entités géographiques ont des degrés d’autonomie variables et de grandes divergences politiques et socio-économiques.

La dissolution en 1991 de l’Union Soviétique (qui était nominalement composée de la Russie et de 14 républiques constituantes) a été suivie par la présidence erratique de Boris Eltsine. En 1994, un conflit armé éclate sur le statut de la république caucasienne de Tchétchénie, dont les autorités ont cherché à se détacher de la Russie et à devenir indépendants. La stabilité politique a augmenté sous le successeur de Eltsine, Vladimir Poutine, mais a été partiellement réalisée au détriment d’un ordre démocratique libéral.

La Russie est l’un des plus grands producteurs de pétrole au monde et possède les plus grandes réserves prouvées de gaz naturel. Un environnement économique médiocre et un manque de réformes économiques ont freiné l’investissement étranger et la diversification des exportations, loin de leur dépendance aux hydrocarbures, est vitale.

La rédaction
La rédaction
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