Défaillances d’entreprises : le secteur automobile en difficulté

En l’espace de quelques mois, le secteur automobile qui connaissait un nouveau souffle depuis la fin de la crise, se retrouve de nouveau confronté à de grandes difficultés. Baisse des immatriculations, augmentation du nombre de défaillances, gros dossiers mis sur le devant de la scène, l’entreprise automobile semble en crise ! Mais ces difficultés sont-elles spécifiques au secteur automobile ou partagées par l’ensemble des PME et ETI françaises ?

Thierry Millon, Directeur des Etudes Altares, nous apporte ses éclairages sur ce sujet d’actualité.

Secteur automobile : des difficultés spécifiques ?

L’industrie automobile n’est pas le seul secteur qui se heurte à de fortes difficultés ces derniers mois. Le secteur de la construction est lui aussi en souffrance, impacté par le ralentissement de l’investissement des ménages en France. Le secteur automobile français est quant à lui touché par des problématiques internationales telles que la concurrence rude des marchés étrangers. Les constructeurs et sous-traitants se retrouvent engagés sur un virage serré : un tournant technologique vers de nouvelles motorisations, des normes anti-pollution plus strictes, et des questions techniques liées à la mobilité qui nécessitent des investissements importants. Si le secteur n’est pas le seul en crise, ses difficultés sont très spécifiques.

Les PME et ETI locales particulièrement touchées

De gros dossiers d’entreprises automobiles en difficulté ont été mis en lumière ces derniers mois, mais de plus petites sociétés locales connaissent également d’importantes difficultés dans leur activité. Citons les sociétés Saint-Jean Industrie du Poitou et Fonderies du Poitou qui ont trouvé pour repreneur le groupe Liberty House après avoir été confrontées à de grandes difficultés.

Si les défaillances globales d’entreprise ont baissé en 2017, 2018 a connu un rebond de sinistralité chez les sociétés avec un effectif de plus de 100 salariés : +12% sur l’année, et +24% au 4ème trimestre. Dans le seul secteur industriel, 110 entreprises de plus de 100 salariés ont fait l’objet d’une procédure collective (de sauvegarde, redressement judiciaire ou liquidation) depuis janvier 2017, en majorité des sociétés actives depuis plus de 20 ans et donc bien ancrées dans le paysage automobile. Ces défaillances représentent un risque conséquent par effet domino pour les fournisseurs et sous-traitants dont la clientèle est constituée en majeure partie de PME et ETI.

Le rôle de L’État dans la sauvegarde des entreprises automobiles

Concernant les sociétés déjà engagées dans une procédure, la marge de manœuvre de L’État est faible et ses actions sont concentrées sur le retour d’activité. La nécessité d’œuvrer sur l’anticipation très en amont du risque est primordiale, et à ce titre le dispositif « Signaux Faibles », qui vise à exploiter le numérique pour détecter le plus tôt possible les difficultés d’entreprises, permet de fournir un accompagnement en vue d’éviter les défaillances. La restructuration de ces entreprises à quelques mois du dépôt de bilan ne représente pas un mode d’action efficace, il est nécessaire d’anticiper de nombreux mois à l’avance, voire 2 ans pour se donner des chances de succès.

Le rôle des Directions Régionales des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi (DIRECCTE), des Commissaires aux Restructurations et à la Prévention des difficultés des entreprises (CRP) et des acteurs locaux est primordial pour accompagner ces entreprises. En 2017, ils ont suivi près de 4000 sociétés et sauvé près de 300 000 emplois.

 

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